Un article d’Hannah Cyrus, bibliothécaire spécialisée dans le numérique à Bangor Public Library (USA)
Traduit par : la commission numérique de l’ABF
Cet article a été originellement publié en mars 2026 sur Information Technology and Library dans un contexte états-unien au moment de la politique migratoire de terreur opérée par ICE
Citation : https://ital.corejournals.org/index.php/ital/article/view/17653 Cyrus, H. (2026). Refusal as Instruction: Equipping Patrons to Resist AI, Data Brokers, Big Tech, & More. Information Technology and Libraries, 45(1). https://doi.org/10.5860/ital.v45i1.17653 sous licence Creative Commons Attribution-Non Commercial 4.0 International License.
La traduction publiée le 1er novembre 2026 sur le blog lab-en-bib.abf.asso.fr est également sous licence Creative Commons Attribution-Non Commercial 4.0 International License.
Il a été traduit par une humaine bénévole qui n’est pas une traductrice professionnelle, si vous avez des suggestions d’amélioration n’hésitez pas à les lui transmettre pour modification ! L’écriture inclusive a été privilégiée là où l’anglais ne marque pas le genre.
Enseigner le refus
Outiller les usagers pour résister à l’I.A., les courtiers en données, les géants de la tech et d’autres
Hannah Cyrus
Un·e usager·e vient chercher de l’aide…
Imaginez une scène courante dans une bibliothèque municipale : un·e usager·e vient à la bibliothèque et demande de l’aide pour se créer une adresse mail afin de pouvoir postuler à un emploi, créer un compte pour bénéficier d’une aide sociale, envoyer des documents à une agence, ou pour tout un tas d’autres raisons. L’usager·e n’a jamais utilisé le mail avant (et n’en a pas envie !) mais c’est devenu inévitable — une adresse mail est désormais indispensable pour subvenir à ses besoins fondamentaux.
Si l’usager·e n’exprime pas de préférence particulière pour le service d’hébergement auquel iel souhaite s’inscrire, les bibliothécaires pourraient être tenté·es par la solution de facilité et choisir un hébergeur de mail tellement répandu qu’il nous semble « neutre », comme c’est le cas de Gmail. S’iel a conscience des besoins de l’usager·e en matière de vie privée, ce bibliothécaire pourra prendre le temps de décocher les cases activées par défaut par Gmail pour limiter la quantité de données partagées volontairement avec Google lors de la création du compte. L’usager·e pourra ensuite avoir une démonstration rapide de l’utilisation de sa messagerie avant d’aboutir à l’objectif initial qui nécessitait un mail en premier lieu.
Rien de tout ça ne semble déraisonnable dans le quotidien des services rendus par la bibliothèque, mais lorsqu’on prend le temps de réfléchir il devient évident que cela a des impacts souvent contraires aux valeurs des bibliothèques. Notre travail, en tant que professionnel·les de l’information, c’est d’aider les usager·es à accéder à l’information dont ils ont besoin, et cela se fait de plus en plus via des plateformes et services numériques. Mais il en va aussi de notre responsabilité en tant que bibliothécaires de faire cela en accord avec les valeurs de la profession. Cela signifie protéger les droits à la vie privée et à la liberté intellectuelle des usager·es – droits qui sont directement menacés par les entreprises qui ont désormais le monopole du secteur de la tech – et informer les usager·es des risques que représentent ces services, et quelles alternatives existent, afin qu’ils puissent prendre les meilleures décisions possibles en fonction de leurs circonstances.
Quelquefois, comme dans le scénario décrit plus haut, fournir toutes les informations à l’usager·e à propos d’un outil n’est simplement pas possible à cause du contexte stressant et des contraintes temporelles. Mais après une décennie dans la profession de bibliothécaire, dont la moitié dévouée précisément à l’enseignement des nouvelles technologies, j’essaie de plus en plus de profiter de la moindre interaction avec les usager·es pour les informer sur les impacts négatifs des technologies que nous utilisons. Être une « formatrice qui déteste la tech » ( « tech-hater-as-instructor » ) m’a aidé à construire des rapports de solidarité avec mes usager·es, mieux les accompagner sur le long terme, et rester alignée avec les valeurs de notre profession.
POURQUOI CE TRAVAIL EST-IL IMPORTANT
En tant que bibliothécaires, nous aidons les usager·es à naviguer dans le paysage numérique, et nous avons la responsabilité de leur dire la vérité—car, soyons clairs, il n’y a rien de « neutre » avec Gmail [1]. Il n’y a rien de neutre non plus avec l’IA [2], Microsoft [3] ou Facebook [4]. Ces outils, systèmes et plateformes mettent en danger nos usager·es et nos communautés de manière directe (en les soumettant à la surveillance et en vendant leurs informations personnelles aux courtiers en données et aux agences gouvernementales [5]) et indirecte (par l’influence politique grandissante de leurs PDGs [6]). En tant qu’organisations fondées sur des valeurs, les bibliothèques ont un rôle à jouer pour faciliter autant le rejet de la technologie que son adoption.
Les usager·es sont aussi demandeur·euses. L’an dernier, en réponse à un nombre croissant de questions des usager·es, j’ai animé des cours centrés sur le refus de la technologie et ils ont eu beaucoup de succès. Il y a toujours des gens qui veulent une « Introduction aux ordinateurs » ou « Les Bases du Smartphone » mais l’intérêt, l’énergie et l’excitation autour d’ateliers comme « Courtiers en Données Pour Débutants » (où j’explique aux usager·es comment trouver qui possède leurs données et comment essayer de les faire supprimer), ma série sur « Jeter Big Tech » (qui inclut « Rompre avec Meta », « Rompre avec Amazon » et « Rompre avec Google »), et surtout « Éviter l’IA » est sans comparaison. « Éviter l’I.A. » a attiré 70 participant·es, sur place et en ligne, dans ma petite bibliothèque assez rurale, et iels applaudissent à la fin du cours. Utilisateurices débutant·es ou aguerri·es reconnaissent que la technologie n’est plus à leur service. Iels savent qu’il y a tromperie sur la marchandise. Iels sont peut être coincé·es dans ces systèmes, mais iels sont prêt·es à apprendre à résister.
C’est là où les bibliothèques ont un rôle à jouer. Oui, traditionnellement nous avons enseigné aux usager·es à utiliser la technologie. Mais nous pouvons aussi leur fournir des informations sur la manière de contourner, résister, désactiver et refuser ces technologies. S’il y a jamais eu un bon moment pour partager ces informations, c’est maintenant, alors que le cycle de « l’emmerdification » [enshittification, cf. Cory Doctorow] dégrade l’utilité des technologies dont nous sommes devenus dépendant·es [7], que le gouvernement américain commence à exploiter l’infrastructure massive de surveillance commerciale qui se construit depuis des décennies [8], et alors que l’adoption à marche forcée de l’IA menace les emplois, l’écosystème informationnel et l’environnement [9].
EN ACCORD AVEC LES VALEURS DES BIBLIOTHÈQUES
L’idée du refus de la technologie comme enseignement dans les bibliothèques pourrait sembler trop « politique » (un mot qui fait très peur dans le monde des bibliothèques et de la fonction publique !). Est-ce qu’enseigner aux usager·es à se passer de Google et à utiliser un autre moteur de recherche, navigateur ou fournisseur de mail est « neutre » ? Non, pas plus que les inscrire automatiquement à un compte Gmail quand ils ont besoin d’une adresse mail. Une idée répandue veut que ces technologies ne soient « que des outils », ni bons, ni mauvais, qui ne dépendent que de la façon dont on les utilise; mais la vérité c’est qu’aucune de ces décisions n’est neutre. Tout usage de la technologie a des impacts sur nos existences, notre vie privée, nos habitudes, nos politiques et sur l’avenir de la planète. Plutôt que viser la « neutralité », je plaide pour que les bibliothèques s’alignent sur leurs valeurs quand on parle de la technologie aux usager·es.
Quelles sont ces valeurs ? Voilà les valeurs-socles des bibliothèques d’après l’association des bibliothèques américaines (ALA) [NDLT pour la France on peut se réferer au manifeste de l’UNESCO et à la Déclaration de l’IFLA sur la vie privée dans le monde des bibliothèques, ainsi que la Charte Bib’Lib]
L’Accessibilité
S’assurer que chacun·e peut « librement accéder à l’information dont iel a besoin pour apprendre, grandir et s’émanciper » [10] Pour que l’accès soit véritablement « libre », les usager·es doivent pouvoir accéder à ce qu’iels veulent sans céder leurs informations personnelles, ou à tout le moins en comprenant si et quand iels le font et quelles répercussions cela peut avoir.
L’Équité
« Reconnaître et lutter contre les obstacles systémiques, les biais et les inégalités » [11] De nombreuses sources nous indiquent que la récolte d’informations personnelles inhérente à de nombreuses technologies populaires a des impacts disproportionnés pour les groupes vulnérables [12], comme le montre douloureusement l’actualité autour de ICE qui utilise des sources de données gouvernementales et commerciales pour localiser les personnes ciblées [13].
Liberté intellectuelle et Vie Privée
« Encourager la pensée critique pour pouvoir décider en conscience » et préserver « le droit à développer sa pensée et ses opinions sans surveillance » [14] c’est au cœur des enjeux du refus de certaines technologies !
Bien Public
« Travailler à l’amélioration de la société »[15] peut sans doute être interprété en faveur de limiter les torts que les grandes entreprises de la tech infligent à la population [16].
Et enfin Durabilité
« Faire des choix vertueux pour l’environnement, qui font sens économiquement et vont dans le sens de l’égalité de traitement. » [17] L’impact environnemental des data-centers qui sous-tendent l’industrie de l’IA sans aucune régulation est un argument suffisant en faveur de la résistance aux technologies en accord avec les valeurs des bibliothèques[18].
ÉTAPES À SUIVRE
Mon expérience est située dans le milieu des bibliothèques publiques (NDLT : équivalent des bibliothèques municipales), mais je crois que les professionnels de l’information de tous horizons peuvent gagner à promouvoir nos valeurs lors de leurs enseignements sur les questions numériques. Bien sûr, chaque bibliothèque et chaque communauté est différente, mais voilà des étapes basées sur mon expérience que les bibliothécaires peuvent suivre pour faciliter le refus de la tech centré sur les valeurs dans nos communautés :
Nous éduquer.
Beaucoup d’entre nous apprennent sur le tas les questions technologiques, en accumulant du savoir avec le temps en fonction de ce que nous avons du creuser pour répondre aux questions des usager·es ou aux besoins de l’institution. Comme nous manquons toujours de temps, priorisez les technologies qui menacent les valeurs des bibliothèques comme la vie privée et la liberté intellectuelle, et expérimentez les outils qui peuvent neutraliser ces menaces, comme des navigateurs, moteurs de recherche ou fournisseurs de mails alternatifs ; les bloqueurs de pub ; les VPNs ; et le changement de paramètres sur différents appareils. Ces problématiques changent constamment, restez vigilant·es et à jour dans vos connaissances. Vous trouverez de nombreuses sources d’information, comme Electronic Frontier Foundation, Library Freedom Project, the Tor Project, et bien d’autres [NDLT voir à la fin de l’article pour des références françaises].
Donnez priorité à la vie privée sur les ordinateurs publics, et faites-en une opportunité de médiation.
De nombreuses bibliothèques paramètrent leurs ordinateurs publics pour effacer l’information sauvegardée à la déconnexion, ce qui est indispensable pour protéger la vie privée des usager·es, mais on peut en faire beaucoup plus pour réduire la surveillance de la navigation. Vous n’avez qu’Edge et Chrome comme navigateurs ? Installez-en d’autres qui priorisent la vie privée comme Firefox, Brave [NDLT : critiqué pour sa proximité avec la crypto et son PDG est controversé en raison de son homophobie] et Tor [19]. Dans chaque navigateur, réglez les paramètres au plus protecteur de la vie privée, et limitez au maximum les options qui pistent ou gardent les informations [20]. Installez des bloqueurs de pub [21] pour protéger des cookies et pisteurs intrusifs sur les sites web. Envisagez de modifier le moteur de recherche par défaut pour un qui ne piste pas les recherches de l’utilisateurice, comme DuckDuckGo, Qwant, Startpage ou Kagi (qui a un programme gratuit réservé aux bibliothèques !). Mettez de la signalétique vers l’espace informatique pour présenter ces changements. Les usager·es pourront toujours utiliser Chrome ou Google Search s’iels le souhaitent, mais on leur présente d’autres options avec un argumentaire expliquant pourquoi iels pourraient vouloir les utiliser, une occasion d’améliorer la littératie numérique en dehors des animations dédiées.
Parlez de ces sujets avec les usager·es au cours de vos interactions.
Interrogez les à propos de leurs inquiétudes et de leurs priorités ! Même lorsqu’iels sont stressé·es, même quand utiliser un service alternatif va être moins pratique ou plus compliqué, donnez-leur le choix. Par exemple : « On dirait que vous avez besoin de créer un compte mail. Vous pouvez utiliser un service très répandu comme Gmail, ou un plus respectueux de la vie privée comme Protonmail [NDLT : Proton aussi fait polémique en raison de financements de l’extrême droite et de stratégies de la direction… la tech c’est compliqué ¯\_(ツ)_/¯ mais il y a d’autres alternatives]. Est-ce que vous savez déjà ce que vous voulez utiliser ou souhaitez-vous que je vous présente les différentes options ? » Neuf fois sur dix, les usager·es sont soulagé·es de voir que quelqu’un qui connaît ces outils comprend et partage leurs inquiétudes à propos de leurs données. Ces conversations spontanées peuvent aider les gens à structurer leur peur d’internet en les informant sur les menaces spécifiques et les solutions adaptées. Un autre exemple : « Si votre priorité c’est que personne d’autre n’accède à votre compte, je vous recommande un mot de passe très solide et une authentification à 2 facteurs, le navigateur utilisé ne changera pas grand chose à ce sujet. » Cela peut être plus long qu’aller vers la solution la plus simple et rapide, et certain·es usager·es choisiront tout de même la solution de facilité, mais iels le feront avec les informations et l’agentivité requises.
Partagez ces informations.
Cela peut être sous la forme de mémos, flyers à distribuer ou une animation sur un sujet sur lequel on vous questionne beaucoup. Comme dit plus haut, il y a beaucoup de ressources disponibles en ligne (NDLT traductions à venir du Library Freedom Project !) qui offrent des opportunités de médiation passive, comme une pile de flyers sur les courtiers en données près des ordinateurs publics. Si vous animez des cours d’informatique ou des ateliers numériques, vous pouvez inclure des informations à propos des impacts négatifs des grandes entreprises de la tech, et comment s’en protéger, dans vos déroulés existants. Par exemple, mon cours d’introduction à Internet a une diapo qui commence par « Les entreprises vous pistent et surveillent votre utilisation d’internet. » Ce sont des faits documentés et cela vaut la peine de les partager avec quelqu’un qui apprend à utiliser internet ! Si vous le pouvez, envisagez une animation explicitement dédiée au refus de la technologie — expliquer pourquoi quelqu’un voudrait quitter une plateforme ou un produit populaire — proposant des étapes pour réduire sa dépendance à certains types de technologies et des options alternatives qui sont plus conformes aux valeurs des bibliothèques. Contactez-moi [22] si vous voulez utiliser mes diapos pour démarrer !
Organisez-vous.
Que ce soit au sein de votre institution ou dans d’autres bibliothèques, il y a d’autres employé·es avec qui travailler et diffuser ces pratiques, dans votre bibliothèque et au sein d’environnements différents. Les organisations communautaires comme les associations de seniors, les centres sociaux, les services de formation pour adultes vous permettront d’apprendre les priorités de votre communauté et de travailler ensemble pour lutter contre la surveillance et les menaces sur la vie privée et nos valeurs partagées. L’action individuelle a ses limites ; au final notre travail consiste en partie à sensibiliser afin qu’usager·es comme collègues puissent revendiquer la régulation et le rejet de ces outils invasifs à grande échelle. Partagez vos expériences de terrain des inquiétudes des usager·es avec vos élu·es locaux et demandez-leur de plaider en faveur des lois qui protègent la vie privée et minimisent la collecte de données. Travaillez avec les organisations qui viennent en aide aux migrants, aux victimes de violence domestiques, à la jeunesse LGBTQ+, ou d’autres groupes susceptibles d’être plus vulnérables à la surveillance, et proposez leur un programme d’action culturelle. Trouvez des allié·es, car résister aux entreprises les plus puissantes c’est du boulot.
Des collègues inquiet·es m’ont demandé si cette posture ne serait pas trop politique pour une bibliothèque publique. Ma réponse est que mon travail est en accord avec nos valeurs déclarées. Si des professionnel·les de l’information ne peuvent pas enseigner au public que les grands modèles de langage ne sont pas une source d’information fiable, que pouvons-nous enseigner ? Si nous ne nous battons pas pour la vie privée alors qu’elle fait partie de nos valeurs socles, qui le fera ? A la fin de la séance « Éviter l’IA », un usager est venu me voir, visiblement soulagé. Il m’a raconté qu’il se sentait seul parmi ses collègues à avoir des doutes sur l’efficacité et l’éthique de cette technologie. Assister au cours et en apprendre plus sur la manière dont cette technologie fonctionne, dans une pièce remplie de personnes qui partageaient son scepticisme, a réaffirmé sa confiance dans son propre jugement et l’a outillé avec les informations dont il avait besoin pour retourner au travail et exprimer ses inquiétudes. Voilà ce que le refus et la résistance comme outil pédagogique peuvent permettre en bibliothèque. Diffusez les mauvaises nouvelles. Enfilez votre manteau de hater et guidez vos usager·es sur le chemin du refus de la technologie. Iels vous remercieront.
Notes de bas de page.
[1] Un procès en « class action » vient d’être intenté à Google, accusant leur outil IA « Gemini » de scanner et collecter le contenu des emails (Robert Burnson, “Google Accused in Suit of Using Gemini AI Tool to Snoop on Users,” Bloomberg, November 12, 2025). Cela rappelle leur décision en 2017 de cesser le même type de surveillance au service de la publicité ciblée, pratique qui avait cours depuis des années (Laurel Wamsley, “Google Says It Will No Longer Read Users’ Emails To Sell Targeted Ads,” NPR, June 26, 2017,). ↲
[2] Olivia Guest et al. “Against the Uncritical Adoption of ‘AI’ Technologies in Academia,” Zenodo, September 5, 2025 ↲
[3] Aminu Abdullahi, “Microsoft Shared BitLocker Keys With FBI, Raising Privacy Fears,” TechRepublic, January 26, 2026. ↲
[4] Samantha Cole,“Meta Users Feel Less Safe Since It Weakened ‘Hateful Conduct’ Policy, Survey Finds,” 404 Media, June 16, 2025. ↲
[5] “All About Data Brokers Explainer,” Library Freedom Project, Accessed January 29, 2026. ↲
[6] Jacob Silverman, Gilded Rage (London: Bloomsbury Publishing, 2025). ↲
[7] Cory Doctorow, “Tiktok’s Enshittification,” Pluralistic, January 21, 2023. ↲
[8]Joseph Cox, “Inside ICE’s Tool to Monitor Phones in Entire Neighborhoods” 404 Media, January 8, 2026. ↲
[9] Brian Merchant, “How Big Tech is Force-Feeding us AI,” Blood in the Machine, July 22, 2025. ↲
[10] “Core Values of Librarianship,” American Library Association, Accessed January 29, 2026. ↲
[11] “Core Values,” American Library Association. ↲
[12] Par exemple, les personnes LGBTQ+ ont plus de risques, comme le fait d’être outé·es en cas de fuite de données, ou voir leurs requêtes sensibles liées à leur sexualité ou leurs données de santé exposées (Em. “The Importance of Data Privacy For The Queer Community,” Privacy Guides, June 3, 2025); les victimes de violence domestiques (majoritairement des femmes) risquent d’être ciblées par leurs agresseurs (Catherine Fitzpatrick, “For Domestic Violence Victim-survivors, a Data or Privacy Breach can be Extraordinarily Dangerous,” The Conversation, December 3, 2023) ; et il y a plus de risques pour les personnes racisées d’être surveillées et mal identifiées par les technologies utilisées par la police (Nicol Turner Lee & Caitlin Chin-Rothmann,“Police Surveillance and Facial Recognition: Why Data Privacy is Imperative for Communities of Color,” Brookings, April 12, 2022 ). ↲
[13] Joseph Cox, “‘ELITE’: The Palantir App ICE Uses to Find Neighborhoods to Raid,” 404 Media, January 15, 2026. ↲
[14] “Core Values,” American Library Association. ↲
[15] “Core Values,” American Library Association. ↲
[16] Si les sources précédentes ne vous ont pas encore convaincu, en voilà une nouvelle : les conséquences négatives des chatbots IA pour la santé mentale des membres de notre communauté, notamment les usager·es les plus vulnérables qui sont déjà en proie à la maladie mentale. J’ai personnellement vu ces conversations malsaines, parasociales et mêmes délirantes dans ma bibliothèque, et cela m’a brisé le cœur. (voir : Keith Robert Head, “Minds in Crisis: How the AI Revolution is Impacting Mental Health,” Journal of Mental Health & Clinical Psychology9, no. 3, September 05, 2025). ↲
[17] “Core Values,” American Library Association. ↲
[18] On projette que la croissance des besoins en électricité des data-centers va dépasser la croissance de l’énergie verte et augmenter l’utilisation des énergies fossiles dans les années à venir s’ils sont construits à un rythme constant. (voir: Ketan Joshi, “Green Energy Transition at Risk from Unrestricted Data Centre Development,” Renew Economy, May 15, 2025). ↲
[19] Aucun de ces logiciels n’est parfait. Il n’y a pas de « meilleur » navigateur (comme je le dis souvent à la grande déception de mes usager·es) ; cela dépend de la situation. Mais ce sont des options correctes. ↲
[20] Les options des paramètres changent constamment au fil des mises à jour des applications et des systèmes d’exploitation, je recommande donc d’explorer cette liste régulièrement et de vous renseigner sur les termes qui ne vous sont pas familiers. D’autres sources de recommandations autour de la vie privée peuvent être trouvées sur Privacy Guides ou Activist Checklist [NDLT : cette dernière ressource est critiquée pour son utilisation de l’IAG et son manque de transparence]. ↲
[21] Je recommande les extensions de navigateur Privacy Badger (de l’Electronic Frontier Foundation) qui ne bloque que les publicités intrusives, et/ou uBlockOrigin qui peut bloquer des éléments personnalisés et pas seulement des publicités (comme les icônes de Gemini chez Google), mais il y a beaucoup d’options. (NDLT : uBlockOrigin c’est la vie, le sang) ↲
[22] NDLT : Vous pouvez contacter l’autrice de l’article Hannah Cyrus en anglais à son adresse mais vous pouvez également contacter la traductrice pour un échange en français. Hannah Cyrus m’a aimablement autorisé à diffuser son diaporama aux collègues qui en feraient la demande (pour l’instant non traduit mais c’est prévu !). ↲
Ressources en français (en attendant les traductions à venir de Library Freedom Project) :
Pour s’informer
- La Quadrature du Net : association de défense des libertés numériques
- Le Guide d’Autodéfense Numérique (papier et pdf)
- La partie « informatique » d’infokiosques
- Next, média indépendant spécialisé dans la tech (abonnement compris dans le bouquet « La Presse Libre« )
- La liste de diffusion Cryptobib et son wiki
Ressources à partager
- Privacy Guides, multilingue, en partie traduit en français
- No Trace : Multilingue, en partie traduite en français
- Le travail d’Electronic Frontier Foundation sur l’autodéfense face à la surveillance, en partie traduit en français
- Nothing To Hide
- Alternatives Numériques
- Numeriquoi
- Le Guide de Survie des Aventures sur Internet de Ritimo
- Le travail de Technopolice Bruxelles sur l’autodéfense numérique et son poster sur les smartphones
- Libérons Nos Ordis
Trouver des alternatives
- European Alternatives pour trouver des alternatives hébergées en europe aux services américains
- Degooglisons Internet : les outils et services framasoft
- C.H.A.T.O.N.S. : les hébergeurs web indépendants alternatifs
- Demailnagment : Trouver son hébergeur mail alternatif
- Nos Oignons groupe francophone de participation au projet Tor

